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"Match de légende" As Saint Etienne - Dynamo Kiev 1976.

 

Mercredi 17 mars 1976,
À Geoffroy-Guichard
Saint-Etienne bat Dynamo Kiev : 3-0 (0-0)
37.737 spectateurs
Arbitre : M. Gonella (Italie)
Buts : Hervé Revelli (64e), Larqué (71e) et Rocheteau (112e
)


ASSE : Curkovic - Janvion, Piazza, Lopez, Farison - Larqué ( puis Santini, 80e), Bathenay, Synaeghel - Rocheteau, Hervé Revelli, Sarramagna ( puis Patrick Revelli, 46e)

Dynamo Kiev : Rudakov - Trochkine, Fomienko, Rechko, Bladrienka - Konkov, Burjak ( puis Damine, 82e), Kolotov, Vieremiejev - Onitchenko, Blokhine.






Une ville, un stade. Une foule énorme qui hurle sa foi, qui crie sa confiance et qui pense que les miracles ont toujours lieu. A Geoffroy-Guichard, Herbin enferme ses joueurs entre quatre murs.
Une consigne, une seul : pressing total. Dans les vestiaires, les Verts, concentrés à l’extrême, blêmes, silencieux, entendent les clameurs. Ils savent que ce soir encore, ils pourront puiser leur 12ème force dans le soutien inconditionnel de 40.000 personnes
enchaînées à leur cause. Car ils sont là, certains depuis 4 ou 5 heures. Ils sont venus de partout, de Saint-Etienne, de la région, des 4 coins de France, pour gagner leur match, gagner un peu celui des Verts. C’est un spectacle qui ne s’écrit pas, car on ne peut traduire l ‘émotion, les coups de cœur aussi fortement que les spectateurs les ont ressentis ce soir-là. Les Verts sont décidés à prendre tous les risques. Et tout leur réussit. Il fait chaud dans le Chaudron, comme il faisait triste et froid à Simferopol.

Les premières minutes sont haletantes car on les voudrait décisives. Les Soviétiques sont pris à la gorge. La domination stéphanoise est totale, souveraine, beaucoup plus massive et spectaculaire que celle du Dynamo à Simferopol. La tension monte à chaque accélération des Verts. Les soviétiques, froids, calculateurs, n’ont pas le loisir de raisonner. Pas question
de pouvoir geler le jeu devant le pressing incessant des diables verts. Piazza déchire la défense de Kiev, mais Larqué ne peut exploiter la situation. Farison, qui a abandonné le marquage d'Onitchenko, pique au centre et tire dans la foulée. Rudakov concède le corner.

2 minutes plus tard, Larqué expédie un tir-canon. Rudakov ne peut bloquer mais Rejko sauve de justesse devant Hervé Revelli.
Après cette flambée initiale, l'ASSE éprouve légitimement le besoin de souffler. Rocheteau (tête), Farison (tir) sont encore dangereux mais ce sont les soviétiques qui terminent le plus fort cette mi-temps par 2 actions de l'inévitable Blokhine, mais Janvion et Curkovic veillent. Les Verts regagnent les vestiaires comme à regret. 0-0 à la mi-temps.

Durant le repos, les spécialistes font la grimace, mais il n'est pas un spectateur pour se résoudre à l'élimination. De son côté, Herbin conseille ses hommes : "Prenez patience, continuez, ça va passer ".

A la reprise, Patrick Revelli remplace Sarramagna, blessé à la cheville. Le jeu reprend sur le même mode : calme soviétique, pression stéphanoise. Les minutes passent trop vite. Rocheteau, Larqué provoquent des arrêts-réflexes de Rudakov mais rien ne passe. Les Ukrainiens font circuler le ballon par un redoublement de passes latérales. Voilà même qu’ils tentent quelques incursions offensives. Et le doute commence à s’insinuer. D’autant que Rudakov, l’immense gardien du Dynamo (1,92 m) réussit le sans-faute.

On en arrive alors à cette fabuleuse 65éme minute qui restera historique dans les annales du club. Blokhine, en position de contre, a récupéré le ballon sur l'aile droite. Il grille Janvion.
Il file balle au pied, élimine Lopez, le dernier défenseur, d’une petite feinte. Le but s’ouvre devant lui, avec le seul Curkovic, qui a toutefois réduit l'angle, pour le défendre. Tout le monde
voit déjà le ballon au fond des filets. Mais non. Au lieu de tirer au but, ou de passer la balle à Onitchenko qui est seul, lui aussi, sur sa gauche, Bokhine commet le pêché d’orgueil. Il tente de crocheter Lopez, revenu à toutes jambes. L’erreur fatale… Lopez, en effet, lui souffle le ballon. Dans le contre qu’il amorce, il transmet à Piazza, lequel, crinière au vent, lance Patrick Revelli qui, sans contrôle et de l’extérieur du pied réussit, d’une pichenette, à prolonger le ballon vers son frère Hervé. Rejko est lobé. Piazza est là, mais Hervé Revelli est le plus prompt. Déporté sur la gauche, il tire instantanément avec précision. Rudakov resté figé sur sa ligne, est battu. Le stade explose, croule sous l'ovation.
Une minute s'est écoulée entre l'erreur de Blokhine et l'exploit d'Hervé Revelli. Une minute entre le drame et l'espoir, la minute la plus folle qu'un match de cette importance ait jamais fourni. Si Blokhine avait concrétisé sa magnifique percée qui devait être la seul menace véritable pour le but de Curkovic,la tâche des Stéphanois serait devenue insurmontabe. Il aurait fallu qu'ils marquent 4 buts en 25 minutes pour espérer se qualifier.

 

Il ne reste que 25 minutes à jouer. L'ASSE trouve alors son second souffle dans un stade en délire. Les soviétiques sentent la panique les gagner. 5 minutes après le but de l'espoir, Hervé Revelli, à la hauteur des 18 mètres, est bousculé par Rejko, bénéficie d’un coup-franc en position idéale. A 20 mètres, dans l’axe du but, Larqué se précipite sur le ballon. Rocheteau lui indique un espace sur la droite, Larqué brosse la balle de l’intérieur et le ballon part, comme téléguidé. Elle s'engouffre avec une précision diabolique au ras du poteau gauche de Rudakov. C'est comme si le tonnerre éclatait dans le stade. Larqué est submergé sous l’étreinte de ses coéquipiers. Tout est à refaire pour les soviétiques. Tout recommence pour l'ASSE.

Le dernier quart d'heure de ce match au couteau, Hitchkock lui-même, ne l'aurait pas désavoué. La qualification se trouve sur une lame de rasoir, prête à basculer dans l'un ou l'autre camp.
Larqué doit quitter le terrain à la 80 éme minute à cause d’une contracture. Santini le remplace. Se noue alors un petit drame, car Rocheteau est blessé lui aussi. Il souffre du mollet mais il est contraint de rester à son poste. Hervé Revelli devient capitaine. Il le sera pour une prolongation de légende car le coup de sifflet final de l'arbitre vient apporter le soulagement dans des coeurs qui battent trop vite.

Ces images d'avant-prolongations resteront dans les mémoires de tous les spectateurs et téléspectateurs de l'époque. En effet, c’est une équipe vidée qui s’affale sur le terrain. Images hallucinantes. Poty, le toubib, Chassagne et Filliol, les masseurs, vont de l’un à l’autre. On se passe des bouteilles d’eau. Les Stéphanois, couchés, assis, le visage dans les mains, les yeux cernés, paraissent au bout des limites de la résistance humaine.
Herbin conseille, encourage. Janvion a des crampes. Hervé Revelli aussi. Cette longue marche prend des allures de chemin de croix. Au rappel de l’arbitre, c’est une équipe encore groggy, mais régénérée moralement qui s’élance pour le rush final.
A coups de souffrance, de douleur, de sueur, ils tiennent tête dans un premier temps aux assauts de soviétiques soudain revigorés.
Rocheteau est sur une jambe. Il demande à sortir, Herbin ne l’entend pas. On assiste à la dramatique la plus palpitante de l'année. Puis Piazza tombe à son tour, vaincu par les crampes et les coups. Mais la foule, qui s’abandonne, l’oblige à se relever. Kiev en profite pour lancer quelques flèches mais Curkovic sort le grand jeu notamment sur un tir de Matvienko. Fin de la première prolongation.

Et puis, voilà la 112e minute. Santini, sur l’aile droite, réalise un petit chef d'oeuvre technique, évite Konkov, attire deux défenseurs et glisse le ballon entre eux à Patrick Revelli. Le parcours de l'indomptable Patrick est extraordinaire de détermination. Il élimine d'un dribble long Trochkine, à quelques centimètres de la ligne de but. La balle paraît même sortir. Il redresse le ballon dans un effort désespéré et centre en retrait. Son frère Hervé, s'est précipité, attirant à lui 2 défenseurs. Rocheteau est là, seul au point de pénalty, et reprend instantanément de l'intérieur du pied droit. Le ballon file. Les filets tremblent. La folie dans les tribunes, les coeurs qui chavirent.



Il reste 8 minutes à jouer, angoissantes, éprouvantes.
Les Soviétiques plus fatigués qu'on pouvait le penser, se montrent incapables de coordonner leurs actions. D'autant que l'arbitre italien oublie de siffler un pénalty pour fauchage d'Onitchenko par Bathenay à la 102 ème et prive les Ukrainiens d'une seconde chance de but. On ne sait quel miracle d'énergie permettra aux Stéphanois d'éloigner le ballon, chaque fois et toujours, jusqu'à ce que M. Gonella délivre les supporters. S'ensuivit alors, une inoubliable ovation qui ne s'arrêta que 8 minutes après. L'ASSE vient de repousser les limites du possible. Le monstre soviétique est abattu et il ne comprend pas. Split non plus n'avait pas compris.
Tous ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour éliminer une formation soviétique sans conteste supérieure à sa rivale mais qui a perdu toute sa maîtrise collective face à l'emprise déterminée des Français.

Ce succès gigantesque, ce triomphe inimaginable d'une équipe qui a su conjuguer ses forces jusqu'à l'épuisement total, sensibilise l'hexagone tout entier. Le lendemain, dans l'envoi du volumineux courrier que l'exploit suscite, un télégramme témoigne de l'audience de l'événement : '' Bravo Saint-Etienne ''. Il est signé du Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing.






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B
Salut je serai surement devant toi au classement des bogoss mais je t invite quand meme sur b-goss.com
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V
ouais mon greg une demi heure de jeu et c'est déjà mal barré pour les amis verts de toute façon le verre ça se fout au recyclage c'est tout
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G
vous allez voir le match de légende se soir le coach cricri et dédé vont pleurer.
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V
TOUT A FAIT YANNOUTOUT A FAIT YANNOUTOUT A FAIT YANNOUTOUT A FAIT YANNOU
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Y
"Dédé" et "christian" vont avoir la larme à l'oeil.
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